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Pourquoi et comment le toucher du shiatsu agit sur la structure du corps ?

Shiatsu des trapèze

SOMMAIRE



Le toucher fait partie de notre quotidien. Une main posée sur l’épaule, une accolade, un geste d’affection : tout cela nous apaise et nous recentre. Mais lorsque ce toucher est précis, intentionnel et maîtrisé, il peut agir bien au-delà d’un simple réconfort émotionnel.

C’est ce que propose le shiatsu, un art du toucher japonais reconnu comme pratique de bien-être. Bien plus qu’une technique de relaxation, le shiatsu agit en profondeur sur la structure du corps : muscles, fascias, posture, mobilité.

Comment un simple toucher peut-il avoir un tel impact ? C’est ce que nous allons explorer, en nous appuyant à la fois sur la science moderne du corps (massothérapie clinique, anatomie des fascias) et sur la tradition énergétique du shiatsu (méridiens tendino-musculaires).


1. Qu’appelle-t-on la « structure du corps » ?

Quand on parle de « structure du corps », on pense souvent aux os, qui forment notre charpente. Mais cette structure inclut aussi les muscles qui soutiennent et permettent le mouvement, ainsi que les fascias, ces tissus conjonctifs qui enveloppent et relient toutes nos parties.

  • Les os : colonne vertébrale, bassin, cage thoracique… le squelette donne forme et stabilité.

  • Les muscles : plus de 600 muscles travaillent en permanence pour nous permettre de bouger, respirer, nous tenir debout.

  • Les fascias : longtemps méconnus, ils forment une « toile » continue sous la peau, reliant muscles, organes et os.

L’équilibre de cette structure est essentiel. Une tension excessive dans un muscle, une raideur fasciale ou une mauvaise posture peuvent déséquilibrer tout l’ensemble, entraînant inconfort, douleurs, fatigue.

Le shiatsu, grâce à son toucher ciblé, intervient directement sur ces déséquilibres pour aider le corps à retrouver son harmonie.


2. Le toucher comme langage du corps

Le toucher n’est pas seulement un contact. C’est un langage sensoriel.

  • La peau, notre plus grand organe, contient des millions de récepteurs sensoriels qui détectent pression, chaleur, vibration.

  • Le système nerveux transmet ces informations au cerveau, qui répond en ajustant la tension musculaire, la circulation ou la respiration.

  • Le toucher du shiatsu se distingue par sa précision et sa profondeur. Ce n’est pas un geste mécanique, mais une forme de communication avec le corps du receveur.

Clay & Pounds, dans leur manuel Massothérapie clinique, insistent sur cette notion : la palpation est une compétence clé, car elle permet au praticien de « lire » les tissus sous ses doigts, d’évaluer leur tonus et de répondre avec justesse.

Ainsi, dans le shiatsu comme dans la massothérapie clinique, le toucher devient un véritable dialogue corporel.


3. Le rôle des muscles et des fascias dans la réponse au toucher


3.1 Les muscles et les points de tension

Un muscle tendu ou sursollicité peut créer un nœud ou une contracture. Cela bloque la circulation locale, provoque douleur et rigidité.

La pression douce, maintenue et progressive du shiatsu agit comme un signal envoyé au muscle. Les récepteurs nerveux spécialisés (fuseaux neuromusculaires, organes tendineux de Golgi) détectent cette pression et informent le système nerveux. Résultat : le muscle peut relâcher sa contraction excessive.

Cette approche rappelle le traitement des points trigger en massothérapie clinique : zones hyperactives dans un muscle, sensibles à la palpation, qui rayonnent parfois la douleur à distance. Dans les deux cas, le toucher ciblé amène une détente profonde.


3.2 Les fascias, cette toile invisible

Les fascias sont une découverte majeure des dernières décennies. Ce tissu conjonctif enveloppe chaque muscle, chaque organe, et forme une sorte de réseau ininterrompu dans tout le corps.

Thomas Myers, dans Anatomy Trains, décrit les fascias comme des chaînes myofasciales qui relient différentes zones corporelles. Une tension dans le fascia du pied peut se répercuter jusque dans le cou !

Or, les fascias sont sensibles au stress, à l’inactivité, aux traumatismes. Ils peuvent se « coller », se rigidifier. Le toucher profond et stable, comme celui du shiatsu, stimule la circulation des liquides interstitiels et favorise leur élasticité.

En relâchant les fascias, le shiatsu libère la mobilité de tout le corps.


4. Les méridiens tendino-musculaires en shiatsu : une vision parallèle

Dans la tradition orientale, on décrit les méridiens tendino-musculaires (ou Keiraku). Ce sont des voies énergétiques qui suivent les muscles et les fascias en surface.

  • Par exemple, le méridien tendino-musculaire de la Vessie longe toute la chaîne postérieure : plante des pieds, mollets, dos, nuque.

  • En biomécanique occidentale, cela correspond à la chaîne myofasciale postérieure décrite par Myers.

Ce parallèle est fascinant : ce que la médecine orientale a décrit comme circulation de l’énergie vitale (Ki), la recherche moderne commence à l’observer dans les chaînes musculaires et fasciales.

Ainsi, quand le praticien de shiatsu applique une pression le long d’un méridien tendino-musculaire, il agit à la fois sur l’équilibre énergétique et sur la continuité fasciale de la structure corporelle.


5. Pourquoi la pression du shiatsu agit en profondeur ?


5.1 La technique de la pression

La particularité du shiatsu est d’utiliser une pression verticale, stable et rythmée (souvent avec les pouces, les paumes ou les coudes).

Contrairement au massage occidental qui glisse sur la peau, le shiatsu « descend » lentement vers l’intérieur, jusqu’à atteindre la couche musculaire ou fasciale visée.

Cette pression :

  • stimule la circulation sanguine et lymphatique,

  • favorise l’élimination des toxines,

  • envoie au système nerveux un signal de sécurité et de relâchement.


5.2 La régulation du tonus neuromusculaire

Derrière cette action se cache un mécanisme subtil : la proprioception.

Nos muscles contiennent des capteurs de tension. Quand une pression juste est appliquée, ces capteurs envoient un signal au système nerveux qui ajuste le tonus musculaire.

Clay & Pounds décrivent ce phénomène en massothérapie clinique : la pression profonde régule le système neuromusculaire, permettant un relâchement que la volonté seule ne peut pas obtenir.

C’est pourquoi, après une séance de shiatsu, on se sent non seulement détendu, mais aussi réaligné dans son corps.


6. Conséquences visibles sur la structure du corps

Les effets du shiatsu se manifestent concrètement sur la structure corporelle :

  • Amélioration de la mobilité articulaire : les muscles assouplis laissent plus de liberté aux articulations.

  • Réduction des douleurs liées aux tensions : le relâchement musculaire diminue la pression sur les nerfs et les tissus voisins.

  • Rééquilibrage postural : en libérant certaines chaînes musculaires, le corps retrouve une posture plus naturelle.

  • Sensation d’unité : beaucoup de receveurs décrivent l’impression de « réhabiter » leur corps, de se sentir recentrés.

Ces bénéfices ne viennent pas d’une force imposée, mais d’une coopération subtile entre le praticien et le corps du receveur.


7. Quand la science rejoint la tradition

Pendant longtemps, les explications du shiatsu relevaient uniquement du vocabulaire énergétique : le Ki, les méridiens, le Yin et le Yang. Aujourd’hui, la recherche moderne sur les fascias, la proprioception et la régulation neuromusculaire apporte un éclairage complémentaire.

  • Les fascias confirment l’existence de chaînes corporelles continues.

  • La neuroscience du toucher montre comment une pression soutenue active les zones cérébrales liées à la détente et à la perception du corps.

  • La massothérapie clinique et le shiatsu se rejoignent dans l’importance du toucher précis pour agir sur la structure corporelle.

Ainsi, loin de s’opposer, tradition et science se complètent pour expliquer pourquoi le shiatsu agit si efficacement sur la structure du corps.


Conclusion

Le toucher du shiatsu n’est pas une simple caresse relaxante. C’est une pression maîtrisée qui dialogue avec nos muscles, nos fascias et notre système nerveux.

  • Il agit sur la structure du corps, en libérant tensions et raideurs.

  • Il rééquilibre les chaînes musculaires et fasciales, que la tradition décrit comme méridiens tendino-musculaires.

  • Il aide le corps à retrouver sa posture naturelle et une sensation profonde d’unité.

En unissant la sagesse orientale et les connaissances modernes, nous comprenons mieux aujourd’hui pourquoi le shiatsu a un tel impact.

Mais au-delà des explications, rien ne remplace l’expérience. Comme le disent souvent les praticiens :

« Le shiatsu se comprend par le corps. Venez le ressentir. »
Première séance de shiatsu
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Références :

  • Clay & Pounds, Massothérapie clinique : intégrant anatomie et traitement, Maloine, 3ᵉ éd.

  • Thomas Myers, Anatomy Trains, 3ᵉ éd.

 
 
 

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